ZEKIATH ABOGOURIN alias OLADE – Une ambassadrice de la musique béninoise

Marie-Léontine Tsibinda Bilombo

ZEKIATH ABOGOURIN alias OLADE – Une ambassadrice de la musique béninoise

Révélée au public béninois, en 2006 aux côtés des cinq artistes formant le groupe Tériba, premier groupe féminin représentant le Bénin sur le plan international, Zékiath Abogourin se lance actuellement dans une carrière solo. Elle veut valoriser davantage la culture africaine, en général, et la béninoise en particulier, à travers sa magnifique voix, qu’elle intègre à l’Afro pop, pour une dynamique beaucoup plus mondiale. Zékiath Abogourin est son nom à l’état civil. Oladé est son nom de scène.

Que veut dire Oladé ?

Oladé est l’expression du bonheur, en langue yoruba. C’est, en fait, un mot dont la prononciation rend positive l’atmosphère ou l’environnement dans lequel il est prononcé. Et en plus, la présence physique du porteur de ce nom dans un environnement, change la donne spirituelle, en des vibrations positives, apportant à ce milieu, un environnement, une manifestation, une cérémonie ou un autre cas de figure d’évènement, la gaité, la joie et le bonheur pour une réussite parfaite.

La musique, un héritage familial ou un virus que vous avez attrapé au cours de la vie ?

Il faut faire remarquer que, la musique est souvent innée, c’est-à-dire dans le sang, sinon c’est difficile pour celui qui veut s’en appliquer de respecter le métronome. Ensuite il faut la développer. Une musique innée qui n’est pas développée par la suite avec son engagement personnel, sa propre détermination, souffre parfois de succès. Moi, j’ai évolué et j’évolue toujours dans un environnement qui ne respire que de la musique.

 Quels sont les rythmes et instruments du patrimoine béninois qui vous parlent le plus ?

Notifions qu’au Bénin, nous avons un immense patrimoine de rythmes, d’instruments et de danses endogènes. C’est vrai qu’il y en a, qui servent pour des rituels dans la tradition béninoise, c’est à dire pour des cérémonies coutumières, que certains artistes essayent de rendre plus digestes, dans notre monde contemporain. Mais moi ce qui m’intéresse le plus, ce sont ces rythmes et instruments de portée facile qui puissent me permettre de ne pas avoir les maux de tête dans la gestion du mélange à l’Afro pop, en termes de résultat de recherche appliquée d’une part, et d’autre part dans la gestion de la logistique, pour mes tournées tout en faisant ressortir la sonorité de la culture béninoise intégrée à l’Afro pop.

Vous êtes auteur-compositeur-interprète : d’où vous viennent vos mélodies ?

L’inspiration est souvent divine, cela ne peut s’expliquer. C’est comme un axiome et non un théorème. Les compositions appellent plus de concentration au quotidien et beaucoup plus d’attention autour de soi. C’est dans la concentration, qui occasionne un silence intérieur que la connexion divine s’opère, pour l’édition interne des flux et signaux de mélodies, d’une part. D’autre part, les expériences acquises, les brassages culturels, l’écoute des oeuvres musicales des grands noms de la musique, donnent aussi des inspirations et des idées de mélodies, toujours dans un silence interne profond, en me basant sur leurs expériences, en termes de leçons apprises.

Comment percevez-vous la composition de vos chants ?

Je compose et j’écris des chansons par rapport à des situations et des faits qui me touchent profondément, et aussi en rapport à des faits que je vis autour de moi. Ce sont toutes ces transcriptions de fait du vécu dans la vie et sur la vie, que je partage avec le public à travers mes chansons. Je me nourris de quelques influences musicales et je m’organise pour m’entourer aussi de plusieurs personnes de différents horizons musicaux, afin de créer des ambiances particulières et des émotions différentes dans mes chansons.

Quelles sont les interprétations qui vous marquent le plus ?

J’ai trois écoles importantes : la Michael Jackson, la Little Richard et celle d’Angélique Kidjo. Viennent ensuite comme leçons apprises et bonnes pratiques, Annie Flore Batchiellilys à qui je fais un gros coucou, Miriam Makeba, Queen Etémé, Dobet Gnahor, sans oublier Nina Simone, Lizz Wright, Aretha Franklin, Tracy Chapman…

Est-ce que l’enfance occupe une place particulière dans votre musique ?

Naturellement, dans la mesure où l’enfant d’aujourd’hui est le père de demain. L’avenir, ce sont les enfants. C’est pour cela que les sensibilisations que je fais dans mes chansons sont valables autant pour les enfants que pour les adultes. Prenant Gbessu par exemple, si un enfant l’intègre dans ses habitudes aujourd’hui, dans l’avenir, il ne posera que des actes positifs, et sensibiliser ses paires, à ne faire ou poser que des actes positifs, dans la droite ligne, dans le respect des lois de la nature. Gbessu est une arme qui éveille et qui transforme la conscience et l’environnement, elle incite les populations à une transformation de l’état d’âme, et donc en préparation d’une société future saine, les enfants sont les meilleurs vecteurs. Gbessu est une chanson, par excellence dédiée aux enfants, par lesquels la sensibilisation démarre pour un cadre et un environnement futur très favorable. Nous devons faire écouter ce single aux enfants et leur expliquer le bien-fondé de ces valeurs. Etant une boite d’enregistrement très fiable, dès qu’ils captent et enregistrent le message, vous êtes certains qu’ils vont le respecter pour toute leur vie.

Que veut dire Gbessu dans l’album en préparation et pourquoi un tel album ?

Gbessu veut dire, dans un langage terre à terre  »les interdits naturels » que la nature elle-même punit s’il advenait que quelqu’un ne les observe. Cet album ou ce titre est une incitation au respect des lois et principes universels de la nature, afin de ne pas subir ou de se voir  »être puni » par elle. Car la nature ne pardonne pas le non-respect de ses lois qu’il faut forcément connaître en tant qu’être humain vivant sur terre. Ce sont, ces lois et principes que nous avons évoqués dans le  »Single Gbessu » et avec la suite progressive dans les autres chansons à venir, comptant pour le premier album de ma carrière solo.

Il est important, voire vital d’avoir ce single et cet album dans votre discothèque, dans votre voiture, dans vos différents lieux de travail ou de loisirs, aux fins de répandre autour de vous les vibrations positives qui en découlent, de par le nom OLADE (qui spirituellement sème le bonheur autour de vous) d’une part, et les messages que véhicule le single ou les morceaux de  l’album d’autre part.

Ce single  »Gbessu » est un porte-bonheur. Idem pour l’album et de surcroît ma présence pour des prestations scéniques quel que soit le niveau de la classe sociale présente.

C’est divin et spirituel : un axiome, je le rappelle.

 Toutes les paroles de ce futur album sont-elles le fruit de votre inspiration ou y a-t-il des interprétations ?

Pour la majorité, oui. Simplement parce que dans la vie, il faut s’ouvrir au monde spirituellement. Parlant de spiritualité, il faut favoriser la convergence des forces spirituelles positives car une chanson est une oeuvre de l’esprit et l’oeuvre de l’esprit, a d’abord une essence spirituelle. La convergence de deux à trois oeuvres d’esprit venant de différents esprits a forcément une dimension spirituelle au-delà de celle provenant d’un seul esprit. C’est en cela que j’ai ouvert le champ à trois compositions que j’ai interprétées sur l’album que vous allez découvrir bientôt.

Pouvez-vous vous qualifier comme une ambassadrice de la musique béninoise dans le monde ?

Naturellement. J’ai été révélée au public béninois, depuis 2002 aux côtés du groupe Teriba, le premier groupe féminin représentant le Bénin sur le plan international. Actuellement je me remoule dans une très belle voix intégrée à l’Afro pop. Il y a toujours ce flambeau que je porte et l’espoir de tous mes fans de me voir défendre les couleurs de la culture de mon pays dans cette carrière, pour une meilleure visibilité et un développement de notre identité culturelle. Je suis une ambassadrice de la musique béninoise dans le monde, c’est certain.

 Êtes-vous satisfaite de votre travail jusqu’alors ?

Dans un premier temps je suis satisfaite, après la dizaine d’années sur scène avec cette famille du Groupe Teriba. Mais on ne finit pas d’apprendre dans la vie tant qu’il y a des objectifs qui pointent vers le sommet. Dans un deuxième temps, tant qu’il y a, à faire, c’est qu’il reste encore à parfaire dans la mesure où je n’ai pas encore atteint, dans ce style d’Afro pop, le nombre de disques vendus dans le monde par Michael Jackson, ma première école. Je travaille à cela et j’ai foi que j’y arriverai.

 De nombreux artistes choisissent New York pour briller, vous par contre, vous êtes installée à Bruxelles, est-ce un choix stratégique ou un point de départ ?

Je dois y rester un moment pour des raisons familiales. J’en profite pour faire des rencontres et je continue de travailler. Je suis béninoise et c’est surtout grâce au soutien des béninois que je suis arrivée où je suis maintenant. Je ne l’oublie pas et j’espère pouvoir organiser une tournée au pays cette année.

De cette position si la providence me conduit, en tenant compte des données familiales, nous allons progressivement nous organiser pour nous installer à New York, ou partout où le besoin se fera sentir. Cette position ne m’empêche pas, pour l’instant, d’aller faire des prestations ponctuelles ailleurs.

 Avez-vous un besoin pressant pour entretenir votre voix afin de ne pas l’abimer ?

C’est juste le travail et la gestion de son alimentation. S’il y a des projets de renforcement de capacité pour améliorer davantage ma voix et l’entretenir au mieux, je suis partie prenante, vu le défi que je me lance. Atteindre le niveau du roi de la pop c’est du chemin et un budget conséquent ! S’il y a des maisons, des producteurs, des mécènes ou des personnes de bonne volonté qui désirent m’accompagner dans cette course, j’en serais ravie.

Qu’est-ce qui vous caractérise dans l’espace de la musique au Bénin et dans le reste du monde ?

Ce qui me caractérise c’est l’identité de ma musique et de ma voix forgée par plus d’une décennie de concerts en Afrique comme à l’international, chanteuse et musicienne de conviction, de curiosité, de questionnements et de passions.

Originaire du Bénin, mon identité est imprégnée des rythmes issus des cultures Fon et Yoruba, qui affinent mes qualités d’écoute avec un équilibre entre particularités modernes et singularités traditionnelles, que je partage et que je vais partager davantage avec le public du monde entier.

Mon centre d’intérêt est prononcé pour les sons identitaires, pour les constructions épurées, pour les sujets introspectifs et d’humanisme, me servant de ma voix à la texture veloutée, pour proposer un mélange hétéroclite entre sentiments, précision, réalisme marquant et onirisme presque spirituel.

J’incarne la joie, le bonheur, la justesse et la justice dans le monde à travers la musique que je travaille en permanence pour atteindre un rendu sincère, sensible, personnel, évocateur et musicalement abouti.

 Quels sont les impacts qui marquent une carrière solo ?

Ce qui marque le plus une carrière solo, est la détermination, plus de rigueur sur soi, l’abnégation, le désir du meilleur résultat, la satisfaction du public et de ses fans, s’organiser dans sa démarche pour faire internationaliser les messages véhiculés par ses chansons dans le but du changement de comportement positif grâce à soi.

 Que représente la figure d’Angélique Kidjo ?

La diva Angélique Kidjo représente la lumière de l’Afrique, parlant de l’Afrique positive. Elle représente pour moi une école, tout simplement. La diva Angélique Kidjo est le succès de l’Afrique positive, un modèle de succès à suivre en Afrique. Je mets et je mettrai, davantage, mes petits pas dans ses grands pas pour le rayonnement de la musique et culture béninoise dans le monde entier, comme elle le fait, si bien actuellement.

 Dans quelles langues chantez-vous?

Je chante en fon, une langue maternelle du sud du Bénin, en yoruba, en français, anglais et je m’applique à étendre cet exercice à d’autres langues que je vous laisserai découvrir bientôt.

Quel est votre rôle au sein de l’association des artistes du Benin.

Je suis une militante très engagée et porte-voix pour la promotion de la culture, en général, de la musique et la culture africaine et béninoise en particulier sur le plan mondial.

Un mot de la fin ?

Je voudrais, juste dire merci à ma famille, à tous mes fans, à mon coach et manager Monsieur  Anselme Hounkpatin qui oeuvre aussi beaucoup pour la promotion de la culture, des talents et des initiatives de développement à travers sa plateforme SNI, sur laquelle j’ai un espace de promotion à l’adresse suivante :  http://fascusmc.com/index_m_olade.php .

Je remercie aussi tous ceux que qui ont cru en moi et qui me soutiennent.

J’adresse un message fort d’ouverture d’esprit, de partenariat aux maisons de disque, aux producteurs et aux promoteurs de festivals ou de spectacles, aux mécènes et aux personnes de bonne volonté qui souhaiteraient m’accompagner ou collaborer avec moi dans un partenariat gagnant-gagnant. Qu’ils n’oublient pas que ma présence à leur côté, de par mon nom Oladé, leur crée un environnement favorable pour le succès de leur business et de leur bonheur.

Contact : monde.afrique2050cultures@gmail.com

WhatsApp : +2 296 472 1010

Propos recueillis par Marie-Léontine Tsibinda Bilombo

Une réponse

  1. Hermione LIGAN dit :

    Waoooo. Fiere de Toi Nonvi Tchigan OLADE. Bravooo et bon vent. Fait nous encore rever comme d’habitude.

Les commentaires sont fermés.