BOUBE HAMA – Les choses évolueront dans les années à venir

Marie-Léontine Tsibinda Bilombo

BOUBE HAMA – Les choses évolueront dans les années à venir

Boubé HAMA, écrivain, éditeur, acteur culturel nigérien est né à Arlit, à Agadez au Niger. Il réside à Niamey.  Auteur de plusieurs ouvrages publiés et d’articles de presse écrite, il tient également le blog culturel : www.lepoetedusahel.jimdo.com

Boubé Hama est Responsable des Ressources Humaines (RH) dans une entreprise à Niamey, avec plusieurs responsabilités assignées. Il a enseigné l’Anglais de la 6e en terminale.

En 2005, il a obtenu une maîtrise en Gestion des Entreprises, option Management, au Nigeria dans la deuxième plus grande Université d’Afrique : Ahmadou Bello University.

 Quel métier exerciez-vous avant de devenir éditeur ? En devenant éditeur aviez-vous abandonné votre premier métier ? Si non, comment conciliez-vous les deux activités ?

J’étais écrivain avant même de devenir éditeur. Et comme je l’ai précisé plus haut, je suis également Responsable des Ressources Humaines de profession. Je cumule les trois occupations et n’ai abandonné aucune en cours de route. Je me sens bien avec tous ces métiers. En effet, dans l’édition et l’écrit, je me suis engagé par passion.

 Comment vous est venue l’idée de devenir éditeur ?

Très belle question ! L’idée m’est venue depuis 2016, mais je l’ai réellement concrétisée en 2019. J’ai en effet pris le temps de la mûrir et d’être prêt à prendre le terreau par les cornes. C’est-à-dire, le temps d’avoir au moins quelques années d’expérience.

Les collaborateurs (dont je me suis entouré) et moi constituons une équipe dynamique qui veille beaucoup à la qualité de l’œuvre avant et après sa publication. C’est notre crédibilité d’abord avant celle de l’auteur, bien que nous éditions à compte d’auteur.

 Quelle est la ligne éditoriale de votre maison d’édition ? Qui peut donc être édité chez vous ?

Notre ligne éditoriale est basée essentiellement sur la littérature générale : poésie, nouvelle, roman, manuels scolaires, etc. En somme, il faut retenir que nous éditons essentiellement à compte d’auteur. Mais, bien entendu tout auteur peut se faire éditer aux Nouvelles Éditions du Sahel (N.E.S).

 Pourquoi aviez-vous choisi d’éditer à compte d’auteur ?

Bien, qu’il me soit d’abord permis de donner quelques détails.  Les Nouvelles Éditions du Sahel (N.E.S) ont été créées en octobre 2019. Mais, nous avons officiellement eu nos documents administratifs de création d’entreprise en janvier 2020. Notre maison d’édition est basée à Niamey, au Niger.

Pour revenir à la question, je dirai que nous éditons essentiellement à compte d’auteur afin de permettre à l’auteur de rentrer à 100% dans ses droits.

 Combien d’auteurs avez-vous édités à ce jour et quels sont les bénéfices que la maison en tire ? Et l’auteur ?

Permettez d’abord que je vous donne le nombre d’auteurs en lice. Nous avons dix  auteurs, mais seulement deux ont été édités. La maison n’a aucun bénéfice à tirer en dehors de la facture payée par l’auteur. Quant à ce dernier, il reçoit son stock de livre et nous l’appuyons au dépôt-vente auprès de nos libraires partenaires à Niamey. Nous l’accompagnons aussi à 50% dans la promotion de son ouvrage avec des affiches, des cafés littéraires, des articles de presse écrite, etc.

 Comment se passent la promotion, la diffusion et la distribution des livres ?

Comme je l’ai souligné tantôt, nous sommes, pour l’instant, basés à Niamey au Niger et donc nous faisons la promotion, diffusion et distribution de chaque ouvrage édité uniquement au Niger. L’auteur, à son niveau, est chargé de faire sa part de promotion dans son pays d’origine au cas où il ne serait pas du Niger. Mais, s’il est de notre pays, les Nouvelles Éditions du Sahel l’accompagnent durant tout le processus. Nous avons deux librairies partenaires à Niamey auprès desquelles nous faisons les dépôts-ventes. L’auteur perçoit directement le paiement.

 Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans les tâches de vos fonctions d’éditeur ?

Pour l’instant, c’est la sollicitation de nos services par des auteurs qui se trouvent hors de la zone CEDEAO. En effet, dans ces cas, il faut absolument facturer l’auteur pour les frais de fret, car nous avons déjà mis en place un mécanisme d’envoi par vol du stock du Livre des auteurs hors zone CEDEAO.

 Quelles relations entretenez-vous avec les maisons d’édition en Afrique ou ailleurs dans le monde ?

Nous venons à peine de commencer et donc nous ne sommes qu’en parfaite harmonie avec les quelques maisons d’édition que nous connaissons au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Togo, etc.

 Publiez-vous aussi des ouvrages en langues nationales ?

Non, puisque nous n’avons pas encore de spécialistes de ce genre au sein de nos comités de lecture. Peut-être qu’à l’avenir, je répondrai oui !

Bénéficiez-vous de subventions étatiques ou d’aides provenant de particuliers ?

Non. Nous fonctionnons avec nos moyens propres tout en nous efforçant de faire un travail de meilleure qualité afin de satisfaire nos auteurs. D’ailleurs, notre crédo qui est : Notre mission, votre satisfaction ! résume parfaitement notre méthode de travail.

Quelle place occupe la culture dans votre pays ?

Je suis navré, mais les artistes au Niger ne bénéficient d’aucune considération de la part de leur ministère de tutelle. Imaginez vous-même, la suite ! Ou du moins il faut avoir une coloration politique pour être considéré et accompagné. Toutefois, nous espérons que les choses évolueront dans les années à venir.

Les femmes font-elles partie de vos auteurs ?

Oui. Nous avons une femme auteure, de nationalité nigérienne qui nous a soumis trois (3) manuscrits de romans. J’en profite pour rappeler que les Nouvelles Éditions du Sahel encouragent vivement les écrivaines du Niger et d’ailleurs à prendre contact avec elles pour une édition adéquate, professionnelle et rigoureuse.

 Comment déterminez-vous les prix des livres édités ?

Nous tenons compte des détails techniques sur lesquels l’ouvrage a été conçu, et nous y ajoutons le montant total de la facture payée. Nous avons deux volets sur la facture, à savoir les travaux techniques et les travaux éditoriaux.

– Techniques : conceptions couvertures livre, impressions, maquettisation, affiches publicitaires.

–  Éditoriaux : comités de lecture, corrections, réécritures.

Si un auteur veut publier chez vous, combien doit-il payer pour la publication ?

Le montant est relatif à chaque document. En effet, les calculs se font en fonction du volume du manuscrit reçu.

 Combien de temps prenez-vous pour fabriquer un livre ?

Nous mettons en général trois mois si l’auteur est aussi actif que notre comité de lecture. Voici par exemple nos plus récents livres sur le marché.

Un dernier mot ?

Je vous remercie infiniment pour l’occasion que vous m’offrez de faire découvrir notre maison d’édition nigérienne, les Nouvelles Éditions du Sahel, à vos lecteurs. Notre courriel est n.editionsdusahel2020@gmail.com .

Le lancement officiel de notre maison d’édition aura lieu en octobre 2020 avec la collaboration et le partenariat du Centre Culturel Franco-Nigérien de Niamey (CCFN Jean Rouch). La cérémonie coïncidera avec la première année d’activités. Pour finir, je partage avec vos lecteurs cette assertion mienne « Chaque œuvre lue est un voyage accompli ».

 Propos recueillis par Marie-Léontine Tsibinda Bilombo