DON FADEL NSEMO THOMAS – Apporter un bien-être à l’homme

Marie-Léontine Tsibinda Bilombo

DON FADEL NSEMO THOMAS – Apporter un bien-être à l’homme

DON FADEL NSEMO THOMAS – Apporter un bien-être à l’homme

 

Don Fadel Nsemo Thomas est médecin radiologue, artiste-musicien, ethnomusicologue et écrivain. Il est né au Congo Brazzaville et réside actuellement en France.  Il a vécu à Cuba. Sa passion pour la rumba n’a pas de limite. Cette rumba est rythme, danse, musique et instruments. Comme de nombreux amoureux de  cette musique, il est heureux de voir la rumba à l’UNESCO.

Le rythme, la danse et les instruments sont des éléments de cette musique.

Un autre élément entrait en ligne de compte dans la chanson ancestrale : l’improvisation.

En résumé, cinq aspects principaux se dégageaient :

la création, l’appropriation, le divertissement, la satisfaction personnelle et la satisfaction du groupe. 

 

Vous aviez fait des études dans l’ordre des choses pour la joie des vôtres puisque vous êtes médecin : comment s’est déroulé votre temps d’études jusqu’à votre titre de docteur. Y a-t-il une spécialisation précise, si oui pourquoi ce choix?

Bénéficiaire d’une bourse d’études en médecine, je me suis rendu en république de Cuba où j’ai fait mes études médicales à l’académie de la Havane. Diplômé, c’était la première manche de mes études médicales. Puis, pour la deuxième manche, j’ai été admis à la faculté de médecine française où j’ai fait mes études doctorales de 3ème cycle en radiologie/échographie à l’université Paris Val-de-Marne, faculté de médecine de Créteil, France.

 

La science essaie de comprendre et d’expliquer les choses grâce à nos connaissances et l’art joue plus sur nos émotions, nos sens ; mais vous vous conciliez les deux faits : médecin et musicien, une démarche de raison ou d’amour?

Médecin et musicien est un choix d’amour, pour soulager une souffrance d’un humain; les deux médecines (médecine scientifique et musico-thérapie) peuvent conjuguer leur talent pour apporter un bien être à l’homme.

Le musicien, auteur-compositeur est une fonction qui vous donne de mieux comprendre le corps humain, vous apporte la paix quand la maladie cause la destruction physique de l’homme?

En musico-thérapie, l’artiste traite le sujet avec l’art musical, une symbiose qui donne des résultats très surprenants pour la guérison d’un sujet.

 

Pourquoi interpréter quand vous êtes un sacré compositeur vous-même?

Interpréter c’est un talent d’entrer dans la peau d’un autre artiste et partager avec le public la joie de l’œuvre. Auteur-compositeur, je crée une œuvre à base d’une idée personnelle qui deviendra un monument de référence pour le bonheur public. L’interprétation, la composition et l’arrangement musical sont des talents exceptionnels qui mènent à créer des œuvres à succès.

Quels sont les instruments que vous connaissez jusqu’au bout des doigts et comment les aviez-vous appris?

La guitare, le violon, le likembé, sanza, flûte, les timbales, la conga, le guïro, etc… J’ai appris ces instruments dans les groupes musicaux de la jeunesse (louveteaux, scouts, chorales, conservatoires et orchestres) .

Vous venez de publier  La rumba, origine et évolution, qui n’est pas votre premier ouvrage, pourquoi placez-vous votre focus sur la rumba, quand d’autres danses peuplent les rythmes du monde en général et du Congo en particulier ?

Parce que la rumba c’est tout moi-même. La rumba c’est aussi mon histoire plantée de joies et de peines (l’esclavage, les noirs marrons rebelles, la lutte de libération des Noirs, l’indépendance, etc…) La rumba c’est mon identité de Kongo/Congo et donc mon histoire de nègre bantou.

 

Et si vous nous expliquiez le mot rumba, son évolution ?

La rumba est née d’une danse ancestrale kongo La Nkumba à Mbanza-Kongo, capitale de l’ancien royaume Kongo au 6ème siècle. La nkumba déportée à Cuba à Matanzas par le biais de l’esclavage a donné la rumba avec tous ces petits enfants qui sont : le son cubain, le mambo, le chachacha, la pachanga jusqu’à la salsa, etc…La rumba c’est la nkumba du Kongo/Congo suite à la mauvaise prononciation de l’homme blanc qui a dit rumba et c’est resté rumba.

 

La rumba ne date donc pas d’aujourd’hui, d’autres l’ont chantée mais vous, vous voulez vraiment aller dans les profondes origines de cette danse. Que nous apporte-t-elle : son évolution dans le temps et l’espace est-elle une connaissance incontournable à la dynamique du monde artistique aujourd’hui?

Oui, en profondeur la rumba et son évolution, vient pour éclairer l’opinion sur le contexte historique, culturel, spirituel…afin de lutter aussi contre les multiples falsification de cet art qu’est la rumba.

 

Comment vous est donc venue l’idée de publier ce livre? Le but particulier de ce livre est de partager vos découvertes ou d’apporter un plus à la connaissance de cette danse qu’est la rumba? Quels sont donc les instruments idéaux qui font vibrer les rythmes de la rumba pour le bonheur des amoureux de cette danse ?

L’idée de publier ce livre est que l’artiste musicien, puisse traduire lui-même sa sensation avec sa plume sur papier et la partager avec le public. C’est comme un boulanger qui raconte la fabrication du pain son produit final à travers sa plume sur papier.

 

Et la rumba est entrée dans le panthéon du patrimoine culturel de l’UNESCO en 2021!

Oui, c’est mon vœu qui s’accomplit et celui de beaucoup d’autres : la rumba congolaise est inscrite au Patrimoine culturel, immatériel de l’humanité par l’UNESCO depuis 2021 à titre de reconnaissance comme le fut la rumba cubaine en 2016. Et j’ai été agréablement surpris, ému au plus profond de mon être lorsque la radio RFI m’a appelé pour lui accorder une interview sur mon livre le 14 décembre 2021 à 17h ! Une interview clé dans la mesure où elle a servi de pilier à l’inscription définitive de la rumba à l’Unesco.

Quelles actions menées après cette merveilleuse admission?

Les actions sont nombreuses mais je dirai qu’il est important de former et enseigner la vraie histoire de la rumba au monde. Ensuite songer à implanter et développer l’industrie de la rumba. Un travail de mémoire de la rumba s’impose. Construire un travail d’inventaire de la rumba. Produire un travail de sauvegarde de la rumba et pour finir, produire un travail de codification de la rumba. Un beau programme en perspective.

La place « Congo square » aux USA peut-elle être considérée comme une halte significative de la danse, un héritage musical de la rumba pour les Caraïbes, les Antilles, l’Amérique en général ?

Exact, la place Congo Square aux USA symbolise en effet une halte significative pour La rumba et toutes les autres musiques nègres dans les Amériques.

Rumba, tumba, kumba : des mots aux sons percutants ou est-ce un langage rythmique aux sons qui se tissent et s’entrelacent pour une explosion musicale?

Rumba, tumba, kumba tout est Congo. Partout dans le monde où vous rencontrez ces mots, sachez que l’homme Congo a laissé sa signature.

Le Groupe Likembe Salsa est un groupe que vous animez. Et nous notons que vous avez choisi un nom d’instrument bien connu au Congo pour le nommer : pourquoi ce groupe, ce nom « likembe » particulièrement?

Likembé con Salsa comme le dit le nom, c’est le mariage de l’instrument traditionnel africain le likembe/sanza dans la sauce de la salsa cubaine pour exprimer dans le réel l’unicité du peuple africain avec le peuple latino-américian.

Qui sont les Ambassadeurs du groupe Likembé ?

Les Ambassadeurs du groupe likembé sont les fils et les filles originaires d’Afrique et d’Amérique latine. Don Fadel est le fondateur et chef d’orchestre.

 

Quels sont donc les artistes de la rumba qui ont bercé votre enfance, enchanté votre vie de manière spéciale et inoubliable?

Les artistes de la rumba qui ont bercé mon enfance et restent inoubliables au Congo, il s’agit de Paul Kamba, Wendo Kolosoy, Depeho, Moundanda, Grand Kallé, Franco Luambo, Jhymmy, Jean Serge Essous, Pamelo Mounka, Franklin Boukaka, Lucie Eyenga… A Cuba, je citerai Arsenio Rodriguez, Benny Moré, Celia Cruz, L’orchestre Aragon.

 

L’art, un don cultivé au fil des jours, héritage familial ou encore grâce de Dieu ?

L’art pour moi c’est la grâce de Dieu qui m’a donné plusieurs talents que j’exprime étonnamment un peu partout (musique, médecine, littérature, etc.) N’est-il pas merveilleux mon Nzambi A Mpungu : Dieu notre créateur qui me donne ces talents multiformes?

 

Et si vous nous parliez de votre passion d’ethnomusicologue?

L’ethnomusicologie est une belle science qui me passionne, car elle m’a permis d’étudier la musique ancestrale et la société de nos peuples qui a abouti à illustrer les travaux contenus dans le livre La rumba origine et évolution.

Comment trouvez-vous le temps de réaliser toutes ces belles œuvres?

C’est question d’être bien organisé pour gérer le temps avec minutie et rationnellement en symbiose avec mes semblables, ma famille, mon environnement, je crée l’harmonie qui gère tout le système qui s’appelle Don Fadel, que Nzambi A Mpungu ou Dieu gouverne avec puissance.

Beaucoup de gens dansent la rumba sans être allés dans une école de danse, n’est-ce pas extraordinaire?

Plusieurs personnes naissent avec la musique dans le sang. C’est un don de Dieu. En développant leur don, elles deviennent des virtuoses, des génies danseurs de la rumba sans être allés à l’école de danse. C’est extraordinaire le don, le talent qui viennent de Dieu le Nzambi A Mpungu.

Don Fadel, nom de plume? Pour quelle raison?

Don Fadel mon nom d’artiste, mon nom de plume, pour me présenter au public comme le cas de Monsieur Jean Philippe Smet que le monde entier connaît par Johnny Halliday. Nsemo, mon nom kongo (du clan Nsaku qui incarnait la religion, l’amour, la spiritualité du royaume Kongo) Nsemo veut aussi dire éclat de lumière, et Thomas prénom chrétien : voici donc l’homme Don Fadel Nsemo Thomas!

Un conseil, un souhait ?

« L’ignorance et la médiocrité sont les pires souffrances de l’être humain. Le savoir et la connaissance libèrent l’être humain. » A Cuba, ça se dit en espagnol : « Ser culto para ser libre », c’est le conseil que je donne à tous ceux et à toutes celles qui veulent connaître la planète rumba et s’y plonger au moyen du livre : La rumba origine et évolution.

Propos recueillis par Marie-Léontine Tsibinda Bilombo

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