PHILIPPE MOUKOKO -Une encyclopédie sur mon pays

Marie-Léontine Tsibinda Bilombo

PHILIPPE MOUKOKO -Une encyclopédie sur mon pays

Avocat et écrivain, Philippe Moukoko relit et corrige les épreuves de la seconde
édition du « Dictionnaire général du Congo-Brazzaville » qui paraîtra en 2019. Dans
son interview, il nous parle du dictionnaire et du roman « Comme c’est beau la
France ! »

Depuis combien de temps exercez-vous votre métier d’avocat au Barreau de
Montpellier en France?

J’exerce comme avocat depuis 2005, après avoir soutenu une thèse de doctorat en droit en 2003
et réussi en 2004 mon examen de sortie à l’Ecole de formation professionnelle des avocats à Aix-
en-Provence.

Vous aviez publié il y a quelques années le « Dictionnaire général du Congo-Brazzaville »,
et aujourd’hui vous réactualisez les données. Comment est née l’idée de ce travail
immense ?

Quand j’étais étudiant à Reims en 1994, je lisais un livre de France Loisirs intitulé « La France du
XXème siècle. De A à Z », une sorte d’encyclopédie. Quand je le lisais, je me disais : « Pourquoi
n’a-t-on pas un livre pareil sur le Congo ? ». L’idée m’a poursuivi jusqu’à Aix-en-Provence où je
m’étais m’inscrit en thèse de doctorat. Lorsque j’ai commencé à faire de la plonge dans un
restaurant pour payer un studio en ville et m’offrir des livres, j’ai commencé à rédiger ce
dictionnaire en 1997. Le dictionnaire est sorti deux ans plus tard aux Éditions L’Harmattan. C’est
une encyclopédie sur mon pays. La seconde édition de sortira en 2019.

« Comme c’est beau la France ! » est un roman : De quoi parlez-vous dans ce livre ?
C’est une fiction publiée en 2017, aux Éditions L’Harmattan qui se nourrit d’une histoire vraie.
Elle s’est déroulée dans le quartier Km4, à Pointe-Noire au Congo Brazzaville, dans les années
80 : Un jeune du quartier émigre en France mais revient au bercail pour chercher sa fille de trois
ans. Afin d’obtenir sa garde et de l’emmener à Paris, il se dit millionnaire et qu’en France sa fille
aura une vie meilleure. Une fois, arrivé en France, il ne donne plus de leurs nouvelles. J’ai
construit une fiction pour parler de l’immigration, du poids de la famille africaine sur les
immigrés, de la pression fiscale en France.

Le Congo ne vous quitte donc jamais ?
Si ! dès que je suis rentré dans la profession d’avocat en 2005, je n’ai rien écrit sur le Congo
jusqu’en 2017. Au cours de cette période, j’ai rédigé des articles de droit public publiés dans
des revues juridiques françaises comme La Semaine Juridique, L’AJDA ou l’AJFP. C’est aussi
au cours de cette période que j’ai obtenu, dans le cadre de ma profession, deux certificats de
spécialisation (droit public et droit de l’environnement). Depuis 2017, je me lance dans la
fiction parce que j’ai des mondes intérieurs à révéler, des problématiques à traiter
autrement que par l’essai. Si l’histoire se passe en Afrique, je planterai mon décor au Congo,
un espace que je connais mieux.

Pourquoi ce titre « Comme c’est beau la France ! » si les personnages sont des
personnes torturées, tourmentées, traumatisées ?

J’ai pris ce titre dans un passage de la première partie du roman dans lequel Billy X, le
« Parisien », argumente pour obtenir la garde de sa fille Lola auprès de sa belle-mère. Il étale sa
richesse et lance : « Comme c’est beau la France ! ». Tout le monde dans le quartier Km4 le croit
sur parole. Plus l’histoire progresse grâce au voyage à Paris de Makila Mabé, le narrateur et
l’oncle de la petite Lola, plus le titre du roman suscite des interrogations avant de devenir
ironique.

Un prochain roman ?
J’hésite entre deux histoires : Soit une fiction dont le personnage principal sera une jeune femme,
forte et désinvolte. J’ai envie d’aborder les questions de la libération sexuelle et matérielle de la
femme. Soit une autobiographie où j’aimerais revenir sur la vie de ma mère et de mon père. Il n’y
a que les vivants qui sont en mesure de faire le bilan de la vie de ceux qui sont partis.

Propos recueillis par Marie Léontine Tsibinda Bilombo

Une réponse

  1. Alfoncine Nyélénga Bouya dit :

    Vivement la biographie des parents! Go, Philippe, Go!

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