DIYA LIM – Mon état était celui de béatitude!

Marie-Léontine Tsibinda Bilombo

DIYA LIM – Mon état était celui de béatitude!

Diya Lim est écrivaine pour enfants même si elle n’a pas de formation en littérature jeunesse. C’est la maternité qui a attisé le feu de sa création littéraire. Elle pense que tout le monde qui a de l’imagination peut inventer des histoires, mais qu’il faut quand même une plume de qualité et un amour pour la langue écrite si on veut continuer de produire des manuscrits pour des maisons d’édition reconnues. Écrire c’est accoucher. Avec Diya Lim, le rêve est permis.

Diya Lim a une Maîtrise de Sciences de Gestion (MSG) de l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de la Faculté de droit, d’économie et de gestion de l’Université d’Orléans, France. Elle est une touche-à-tout: conception-rédaction, révision, service clientèle, ressources humaines, administration… Elle a choisi d’écrire son livre La marchande, la sorcière, la lune et moi pour son propre plaisir !

Comment est née votre passion pour l’écriture ?

C’est la maternité qui m’a rendue écrivaine. C’est grâce à mes enfants que j’ai eu l’occasion de raconter des histoires inventées lors de l’heure du dodo. C’est grâce à ma fille aînée que j’ai inventé Larouspiol et Les enfants du ciel. C’est grâce à ma fille cadette que j’ai inventé la série Amandine, une fillette qui adore la cuisine.

J’aime mes enfants, je joue avec elles, je cuisine avec elles, je suis leur maman bien évidemment, je les vois grandir, je vois leur comportement au quotidien, je partage leur bonheur, j’essaie de comprendre leurs soucis, et cela m’amène à mieux écrire des histoires pour d’autres enfants.

D’où vous est venue l’idée d’animer et organiser des ateliers d’écriture dans les écoles?

Ce sont les écoles qui m’ont invitée, dès que j’ai publié mon premier livre en 2012. Avant ça, je ne savais pas que les auteurs peuvent aller dans les écoles. J’étais un peu surprise au départ, je dois dire, de savoir que c’est ce que l’on attendait des auteurs.

 Est-ce la maison d’édition qui propose les illustrateurs de vos livres ?

En effet, le choix des illustrateurs revient aux éditeurs.

Du premier livre à La marchande, la sorcière, la lune et moi, qu’est-ce qui a changé dans votre perception de la création littéraire?

J’écris souvent pour plaire aux autres, les lecteurs, les éditeurs, les écoles… Mon roman La marchande, la sorcière, la lune et moi tient avant tout à me plaire. Oui, je me suis permis d’être égoïste!

Quels ont été vos sentiments en recevant le Prix du livre d’enfant Trillium 2019 pour La marchande, la sorcière, la lune et moi ?

Je suis une femme. Je suis de petite taille. J’ai la peau brune. J’ai un nom exotique. Toute ma vie, je me suis heurtée à des préjugés, à des obstacles… Le jour où Ontario Créatif m’a récompensée de ce prestigieux prix littéraire, je me suis dit que j’ai beaucoup de chance de vivre en Ontario, au Canada. Je me suis sentie acceptée, reconnue, saluée. Mon état était celui de béatitude !

 Une marchande peut donc cohabiter avec une sorcière et la lune qui est si loin des choses de la terre ?

C’est possible seulement si on s’accorde le droit d’imaginer. La pensée ne connaît pas de frontières. Scientifiquement, nous sommes tous issus des astres. Poétiquement, la lune n’est jamais loin de notre cœur. Religieusement, je ne vous apprends rien en vous disant que de nombreux peuples utilisent un calendrier lunaire. Psychologiquement, la lune a-t-elle une influence sur certains d’entre nous? Demandons à un groupe de policiers ou d’infirmiers par une nuit de pleine lune…

Que représente donc l’arrivée des jumeaux pour la petite Mara, l’un des personnages du livre?

Plus de responsabilités sur ses épaules de fille aînée. Moins d’attention maternelle pour elle-même.

Si jeune, la Mara, et déjà une responsabilité à toutes épreuves !

Je vis sur un nuage. (Sinon, je n’inventerai rien du tout.) Et me voilà sur mon nuage douillet en train de crier : « Réveillez-vous, les enfants! La vie n’est pas un conte de fées! » J’aurais voulu que chaque enfant de ce monde connaisse une enfance sans peine. Malheureusement, il n’y a que très peu qui sont nés avec la cuillère d’argent dans la bouche.

Que voulait-elle à la fin pour sa vie ? Finalement est-elle heureuse ?

L’amour éternel et l’attention complète de ses parents. Le sentiment de sécurité que recherche chaque enfant.  Mais lisez le livre pour le savoir!

Comment qualifierez-vous ses parents ?

Remplis de soucis. Comme la majorité des parents.

Le titre du livre est bien long !

Comme le chemin qu’il parcourra. En tout cas, je l’espère.

Comment peut-on accoucher sans goutte de sang ?

Je l’ai fait plus d’une douzaine de fois déjà. C’est possible avec beaucoup d’encre!

La vie, un duo d’ombres et de lumières ?

Par une journée morose, je vous dirai que la vie est remplie d’ombres et d’ombres seulement. Par une journée normale, je vous dirai que la vie est composée d’ombre et de lumière. Par une journée radieuse, je ne vous dirai JAMAIS que la vie est pleine de lumière seulement.

Un dernier mot ?

Il y en a qui ont cessé de pleurer. Il y a en a qui ont cessé de rire. Et l’ONU et les autres, quand cesseront-ils d’exister ?

Pourquoi pensez-vous que l’ONU doit disparaître ?

Ce n’est pas vraiment l’ONU que je veux voir disparaître. C’est plutôt les problèmes du monde que je voudrais voir réglés. Quand les problèmes seraient réglés, alors plus besoin d’instances comme l’ONU et les autres, pas vrai ? En fait, ma réponse est plutôt utopique. Loin de la réalité proche…

Propos recueillis par Marie-Léontine Tsibinda Bilombo