MARIE LEGONOU – Valoriser notre savoir-faire endogène

Marie-Léontine Tsibinda Bilombo

MARIE LEGONOU – Valoriser notre savoir-faire endogène

Marie Legonou est la promotrice du label é’fakoh au Bénin. Elle est titulaire d’une licence en Génie des Technologies Alimentaires depuis 2012 et d’un master en Entrepreneuriat et Gestion des Projets depuis 2019.

L’idée de promouvoir les breuvages locaux du terroir béninois lui est venue en observant l’engouement des promoteurs de l’agroalimentaire pour ces boissons sirupeuses si désaltérantes et rafraichissantes. Au regard donc de cet engouement, elle s’est approchée des producteurs et productrices de ces breuvages afin de s’imprégner des conditions de fabrication et des difficultés liées à leur activité.

Ainsi, vous est donc venue cette merveilleuse idée de lancer e’fakoh après une simple observation ?

Exactement. C’est donc au regard de tous ces paramètres que j’ai fait l’option de lancer mon entreprise de valorisation des boissons locales pour, non seulement promouvoir ces boissons, mais donner un nouveau visage à la culture béninoise car vous n’êtes pas sans savoir que nos boissons ont un grand poids culturel. Cette initiative a vu le jour suite à une acquisition de compétences diverses et variées à travers des stages dans des laboratoires et entreprises pour maîtriser le concept de la qualité en industrie agroalimentaire et le processus de fabrication.

Comment se présente le nectar du palmier à huile? A-t-il un nom plus simple pour le citoyen du monde ?

Notre produit le nectar de palmier à huile ou vin de palme, communément appelé atan ou déhan; autrefois dégusté en calebasse est aujourd’hui présenté en emballage de verre capsulé sans additif ni conservateur. Notre processus de fabrication consiste juste à récolter le vin de palme frais dans les fermes, le filtrer dès réception à l’usine et le conditionner dans son emballage définitif. A cette étape succède la pasteurisation afin d’en favoriser la conservation. Tous nos produits sont conditionnés en emballage de verre de contenances diverses et conservés une année entière sans altération. 

Avez-vous d’autres produits ?

Outre le nectar de palmier à huile, nous avons à notre actif le tchakpalo qui est le jus d’ananas aux épices, le jus de fruits de la passion et notre dernier bébé le pâté de foie de volaille.

Cette transformation de produits locaux est-elle une entreprise qui dure dans la famille ou est-ce votre idée personnelle ?

Le label é’fakoh n’est pas de ma seule initiative. Il s’agit surtout d’une entreprise qui assoit ses fondations sur la famille. Il s’agit donc d’une entreprise familiale.

Avec l’aide votre père !

Oui, effectivement ! Afin de mieux maîtriser les différentes technologies je bénéficie de l’apport de mon père en matière de compétences car j’ai la chance d’avoir mon paternel spécialiste des techniques de conservation des fruits et légumes et de qualité des denrées alimentaires.

Quelles sont les impressions de vos clients?

Notre clientèle est diverse et variée. Nous avons donc tant des clients locaux que des clients extérieurs notamment le restaurant La marmite d’Eve à Cachan et je profite de l’occasion pour le remercier de sa totale confiance. La plupart d’entre eux saluent l’initiative et ne cessent de nous envoyer des retours sur appréciation afin d’améliorer la qualité de nos produits.

Participez-vous à des foires alimentaires ?

Afin de nous faire connaître à la grande masse, nous organisons de temps en temps des séances de dégustation surtout pour les nouveaux produits. Nous participons aussi à des foires locales et régionales tant en présentiel qu’en ligne. Exemple en est de la foire virtuelle actuellement en cours organisée par le Groupe Réponse.

Vos produits ont-ils des valeurs nutritionnelles ?

Les produits é’fakoh étant purement locaux, les informations recueillies nous ont permis de comprendre qu’ils sont riches en vertus nutritionnelles et thérapeutiques. Ainsi le nectar de palmier est recommandé pour favoriser la sécrétion lactée chez la jeune mère et couplé à certaines plantes et écorces, il est très efficace pour traiter les troubles de virilité. Nous espérons que des recherches scientifiques seront réalisées dans ce sens afin de certifier toutes ces vertus.

Travaillez-vous avec des entreprises qui sont dans l’agroalimentaire comme vous ?

Nous travaillons en totale cohésion avec d’autres entreprises locales, les boutiques et supermarchés de vente des produits locaux et les entreprises de production et transformation de ces derniers.

Des projets ?

Notre ambition est d’imposer nos breuvages locaux sur toutes les tables et à tous les évènements de par le monde avant de mieux faire connaître le  »Made in Benin ». A long terme nous envisageons d’implanter l’usine définitive à Tori et évoluer vers une forme automatisée de production.

Un dernier mot ?

Je voudrais convier la communauté mondiale à mieux s’investir dans les initiatives visant à valoriser notre savoir-faire endogène.

Propos recueillis par Marie-Léontine Tsibinda Bilombo